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République des blogs Toulouse
Recommandé par des Influenceurs
Dimanche 15 juin 2008


http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080614/tts-union-france-irlande-sarkozy-ca02f96.html

L'Irlande a dit NON au Traité de Lisbonne, présenté comme un "mini-traité" ou un "traité simplifié", qui était en fait plus long et plus complexe que le TECE de 2005.


Déjà, l'Irlande était le seul pays européen à soumettre au vote des citoyens le Traité de Lisbonne. Qu'est-ce à dire? Un seul pays où le peuple est consulté. Je ne veux vraiment pas être catalogué comme un anti-européen (ce que je ne suis pas) ou tenir un discours populiste sur les élites éloignées du peuple... Pourtant, l'action des élites européennes ne va pas dans mon sens. Au contraire, ils semblent tout faire pour que les peuples détestent l'Europe, ils paraîssent sourds à ce que disent les peuples lorsqu'ils sont consultés.
L'Irlande est peut être un petite pays, mais il y a fort à parier que si le Traité de Lisbonne avait été soumis à référendum un peu partout, d'autres pays l'auraient rejeté.

En guise de rappel, le TECE (Traité Etablissant un Constitution pour l'Europe, sur lequel nous avons voté en mai 2005 en France et non - comme il a été souvent répété - TCE--> Traité instituant la Communauté Européenne, datant de 1957 celui-là, plus connu sous le nom de Traité de Rome) passait en référendum dans 5 pays seulement, et était déjà présenté comme unique opportunité ou vote sans choix. "Il faut voter oui". Après les "non", français et hollandais, les institutions européennes, mais aussi les Chefs d'Etat et chefs de gouvernement européen ont souhaité reprendre de nombreuses dispositions du Traité rejeté afin de poursuivre la construction européenne et de modifier les institutions pour un bon fonctionnement dans une Europe élargie à 27 Etats. Intention louable que de vouloir poursuivre la construction européenne, à laquelle je n'opposerai pas grand chose. En revanche,  n'avoir qu'une seule vision de l'Europe me gène profondément. Comme si un seul système était possible. Pour certains des eurocrates, seule l'Europe telle qu'ils la construisent ("libérale", centrée sur des questions d'immigration, de concurrence pure et parfaite, sur des modèles économiques) est possible. ET LE PEUPLE DOIT VOTER OUI.
C'est preque Brechtien "si le peuple ne nous plaît pas, changeons le peuple".
Donc, un texte rejeté est réutilisé, repris, modifié et ratifié par voie parlementaire, de manière à éviter un vote des peuples... Voilà qui est démocratique, voilà qui va soulever une adhésion générale des peuples à la construction européenne, tiens.
Le "oui" français au Traité de Lisbonne résulte du vote de 560 parlementaires en faveur du traité (sur 63M d'habitants et 910 parlementaires) alors que 15 449 508 personnes avaient voté non en 2005.

Comment peut-on imaginer une seule seconde qu'après avoir insulté les électeurs du non au lendemain du 29 mai 2005 (ce que disaient nombre de "ouistes" était assez sévère, notamment les propos de Serge July, de Michel Rocard ou de Dany le Rouge) et tenter de passer par-delà le vote des citoyens, les citoyens floués et insultés adhèrent ne serait-ce qu'à l'dée d'Europe? Pensent-ils créer une citoyenneté européenne en refusant le vote des peuples?
Ils ne font vraiment rien pour se faire apprécier et faire rêver d'Europe.
Les trois forums "Paroles d'Européens" organisés par Public Sénat et le Ministère des Affaires Etrangères, censés offrir un espace à l'expression des citoyens européens en France, pour préparer la présidence Française de l'union Européenne (pour 6 mois) au 1er Juillet sont un exemple paroxystique de l'UE telle qu'elle est et et est vécue : des membres de la "société civile" ont voulu l'utiliser comme une caisse de résonance contre certaines directives à propos de l'immigration (ouverture du temps légal de maintien en camp de rétention à 18 mois, par exemple, dans la directive Retour) et du travail se sont vus opposés un, voire deux escadrons de CRS à Marseille, bien avant qu'ils puissent arriver sur le site du débat. La salle était presque vide, et en guise de "parole d'européens", des experts (Jean-Pierre Jouyet, des députés européens, J-P Elkabbach, Michel Vauzelle...) à écouter religieusement - ou plutôt, en baillant - toute la journée en ne donnant jamais la parole aux "européens" présents dans la salle.
Enthousiasmant, n'est-ce pas?

Si les citoyens consultés votent non à plusieurs reprises sur un texte, c'est peut-être que le texte lui-même et la manière dont l'UE est en train de se construire ne conviennent pas, n'est-il pas?

A quand des impôts européens? une taxation directe des flux de capitaux? La reconnaissance des services publics par l'UE? Une vraie politique sociale à l'échelle européenne? Une citoyenneté européenne?
Donc, pêle-mêle : un Parlement Européen largement renforcé, voire souverain, qui aurait l'initiative des lois, qui serait élu de la même façon, dans toute l'Europe, le même jour; une Commission Européenne nommée avec un pouvoir réduit, amoindri; des meetings communs à l'échelle européenne; des échanges entre les professeurs d'Université européens organisés; des échanges entres lycées dans l'Europe; une matière commune avec un manuel commun à toute l'Europe; la généralisation de programmes tels qu'Erasmus; la création de vrais dispositifs sociaux; une harmonisation des systèmes de santé par le haut, avec une aide aux Etats en difficulté pour un tel niveau de prestation de la part de l'Union Européenne pour une qualité élevée de prestation d'assurance-maladie  partout en Europe...
et j'en passe. Mais ces propositions paraissent une utopie au vu des souhaits de ceux qui construisent l'Europe, au vu des discours de José Manuel Barroso (président de la Commission européenne), ou des principaux dirigeants en Europe.

On entend certains dire qu'il faudrait faire "des aménagements juridiques" (Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes), voire faire revoter le peuple. Ils ne feront que renforcer l'image d'eurocrates technicistes et le fossé entre eux et les peuples.
Le peuple a "mal voté"? C'est un problème de "pédagogie"? Donc, le peuple est débile, incapable de comprendre la question qui lui est posée... Evidemment. Il y aurait, le "bon peuple" composé de techniciens qui a donc voix au chapitre et le "peuple inculte" qui vote "mal" et donc n'a pas voix au chapitre. Drôle de conception de la démocratie, mais aussi quel hiatus entre ce discours et la volonté pourtant affichée de l'Europe d'une indépendance et d'une émancipation des citoyens européens!

L'Europe est malheureusement souvent victime de manoeuvres politiciennes, on lui met sur le dos de nombreuses mesures nationales qu'elle n'a jamais réclamé, on la diabolise souvent à l'envi, elle est instrumentalisée pour faire peur ou pour imposer certaines décisions douloureuses. Mais les élites européennes ne font rien pour ne pas en faire le bouc-émissaire idéal. C'est aberrant, mais il en est ainsi. Tout de même, certaines directives sont largement abusives, le poids de la Commission Européenne est surdimensionné, la participation des citoyens est extrêmement réduite, les sujets traités sont souvent loin des préoccupations du citoyen lambda, et l'attitude générale est au mépris des "eurosceptiques" souvent caricaturés...

J'ai bien peur que ce ne soit pas la Prési-dance française de l'UE qui améliore les choses, avec la volonté de Sarkozy de se concentrer sur l'immigration pour avoir une grande réforme à son actif. Ce qu'il prépare est une manoeuvre politicienne pour plaire à la frange la plus à droite de son élecotrat et renforcer son assise auprès de l'aile droite du Parti Populaire Européen.
Et du Parti Socialiste Européen de se coucher, au prétexte du compromis de gouvernance européenne...

Guy Verhofstadt avait proposé d'organiser sur un mode de fédéralisme avancé un petit groupe de pays, pourquoi pas?
Cela mérite réflexion.

En tous cas, la construction européenne telle qu'elle se fait aujourd'hui ne peut continuer. On ne fait pas le bonheur du peuple contre son gré.
Certains rétorqueront que la Constitution de 1958 n'a jamais été démocratique, que c'est un coup d'Etat qui a donné nos institutions françaises, assez bien ancrées aujourd'hui malgré quelques velléités de VIème République.
Peut-être, mais il semble quand même que le peuple soutenait, ou adhérait pour partie au gaullisme et à ce que faisait de Gaulle. C'est loin d'être le cas aujourd'hui pour la construction de l'Union Européenne.

Pourquoi l'Europe serait-elle forcément seulement un espace de libre échange concurrentiel?
D'autres systèmes ne sont-ils pas envisageables?
La réduction des possibles politiques est une erreur grave.
Il est aussi de notre devoir de citoyens que d'en débattre, de se saisir de la question, de proposer, d'échanger...

Merci aux Irlandais tout de même, espérons que le débat soit assez vif par la suite pour donner autre chose que cet agrégat d'institutions technicisées dont les membres sont sourds, aveugles et méprisants. Je caricature un peu, mais j'en viens à me demander si les dirigeants européens souhaitent vraiment l'Europe.
par Anarchange publié dans : Poli-tique (monde (si peu) diplomatique) communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Samedi 31 mai 2008
Aucun de nous ne peut se sauver seul ; il faut que nous nous perdions ensemble ou que nous nous tirions d'affaire ensemble.
Jean-Paul Sartre, in Huis Clos




Réconcilier "libéralisme" et "socialisme" dit Bertrand Delanoé, se querellant inutilement avec Ségolène Royal. Et de beaucoup de nos médias d'en faire des tonnes. Et de Perrine Tarnaud d'en rajouter une couche sur LCP.
Bref, vous l'aurez compriz, chers lecteurs, je m'inscris en faux vis-à-vis de débats qui mériteraient déjà bien des clarifications sémantiques.

En effet, le terme de libéralisme recouvre déjà plusieurs sens, plusieurs représentations : le libéralisme politique, invention de la gauche, qui est la défense et la création de libertés tant individuelles que collectives (le droit syndical, la section syndical par entreprise, la représentativité des salariés au sein d'une entreprise, etc...) ou le libéralisme uniquement économique dont se réclament Sarkozy, Bush ou Berlusconi? D'autant plus que ce libéralisme-là est ultra-libéral sur certains domaines, mais parfois protectionniste, conservateur, voire même archaïque sur le plan moral, sociétal ou même de son approche du travail, des finalités du travail.
Ainsi, de quel libéralisme parle-t-on? Si c'est du premier, alors ce libéralisme-là est consubstantiel au socialisme. Si, d'aventure, c'est du second libéralisme dont il s'agit, à ce moment là on se trompe de débat et le Parti Socialiste ne recherche pas l'alternative avec le gouvernement actuel mais uniquement le pouvoir.

En effet, poser l'hypothèse que toute nationalisation est impossible, imputer à l'Europe une incapacité politique assumée, avancer que l'économie est une contrainte qui empêche de mener une véritable politique sociale et que donc sur l'économie, la droite a quand même raison, qu'il faut juste modifier le système à la marge pour réduire lentement et un peu les dysfonctionnements du marché. Cela s'appelle ne plus être progressiste, cela s'appelle l'acceptation de l'ordre social inégalitaire, l'acceptation de "l'ordre des choses". Ce n'est en aucun cas être "moderne", "adapté à la mondialisation", "réaliste" ou pis "pragmatique" (alors même que le terme de pragmatique n'a aucunement le sens de "réaliste"). Tout ce que l'homme a créé, l'homme peut le modifier. J'avoue que cette sentence peut sembler philosophique et générique mais concrétement, cela veut dire que le socialisme doit s'affirmer comme une alternative crédible et concrète à la forme actuelle de la mondialisation (qui peut être une chance si elle sert la collectivité, pas si elle sert les intérêts des 2000 personnes les plus riches du monde).
    Je veux dire par là que l'orientation libérale économiquement de l'Union Européenne saurait être modifiée par les européens eux-même, en fonction de leurs votes bien sur. Le PS (et avec lui le PSE) doit proposer une réforme des institutions européennes, rétablir la pleine souveraineté du Parlement Européen, donc du peuple, au détriment de la Commission Européenne. Le PS doit proposer une politique sociale à l'échelle de l'Union Européenne, la reconnaissance de la notion de service public. Le PS doit réfléchir aux modalités concrètes de la redistribution, à l'échelle nationale et à l'échelle européenne, à la taxation des stock-options pour la participation des plus riches à la solidarité nationale, à la réhabilitation de l'impôt, à une gestion plus saine des finances publiques...

Alors, le PS ne doit pas se diviser à cause de certains qui ne sont plus socialistes, qui ont perdu même le sens du mot socialiste.
On pourra me rétorquer que c'est là une bataille sématique et non une réponse concrète aux problème des Français. Mais le sens des mots, la sémantique implique une philosophie et des réponses différentes en fonction de ces représentations. Le débat sémantique a un impact sur le débat des moyens d'action et des propositions concrètes du parti.

Autre point du débat : le domaine du pensable. Le PS et certains de ses leaders rentrent dans le jeu d'un horrible terrorisme intellectuel qui voudrait qu'une seule politique économique soit possible. Cela, je ne puis l'accepter. C'est ce même cheminement aussi qui veut complexer la gauche. Après la droite décomplexée, la gauche complexée. On en viendrait presque à s'excuser d'être de gauche et de proposer des mesures de solidarité.
Mais dans quel monde vit-on?
La réduction des possibles politiques est un danger pour la démocratie. Et de grâce, camarades socialistes, ressaisissez-vous! Puissent ces paroles être entendues.

Cela étant, le Congrès du PS se rapproche et les débats s'intensifient. Le Parti trouve de nouveaux militants qui pourtant n'auront pas voix au chapitre lors du congrès.
Si vous souhaitez vous tenir au courant des motions et contributions :

Benoît Hamonva a lancé sa motion avec Henri Emmanuelli : http://www.reconquetes.eu/ le 28 mai.
Gérard Collomb a lancé sa " Ligne claire " avec Jean-Noel Guérini : http://www.laligneclaire.fr/
Bertrand Delanoë "Clarté, Courage, Créativité" : http://www.clarte-courage-creativite.com/
Ségololène Royal : http://www.congresfutileetpourrien.com/

On attend le site web de Martine Aubry. Jack Lang tourne autour : http://www.lemonde.fr/politique/article … 23448.html
La réponse intéressante de Mélenchon au livre de Delanoë :
http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=594#more-594


Sinon, ailleurs en Europe, le socialisme mais même la gauche en général se porte assez mal, à part peut être en Allemagne avec le sursaut de Die Linke.
C'est surtout un échec de la social-démocratie qui se coupe de sa base populaire.
Une situation qui m'inquiète et m'attriste particulièrement reste la situation italienne avec le retour aux affaires du plus fameux mafiosi, le bien-nommé Silvio Berlusconi.
Le Cavaliere a réussi son coup : semer le trouble au sein de la coalition, faire tomber deux ministres et le retrait d'un petit parti de la coalition puis le vote contre de la question de confiance, donc la chute du gouvernement Prodi.
        D'une part, il me semble nécessaire de préciser que le susnommé Silvio est arrivé au pouvoir en 1994, à la suite de l'opération "Mani Pulite" ou Mains Propres (en français) qui était censée permettre d'assainir la vie politique et empêcher les liens entre mafia et politique. Voilà une opération qui a produit tout le contraire de ses buts. C'est extraordinaire. Un homme d'affaires, magouilleur, déjà riche mais avec un appétit démuseré, utilise sa fortune pour se construire un empire médiatique et soutenir par ce biais une campagne électorale qui s'apparente à de la propagande en faveur d'un "homme nouveau", "entrepreneur" "prêt à donner sa vie pour le bien de l'Italie contre les communistes et tout ce qui ronge le pays". Il mène campagne sur des positions économiques libérales, socialement conservatrices et réactionnaires, et en insistant sur le patriotisme, voire un certain nationalisme.
Trouvant un Massimo D'Alemma (ex-Président du Conseil et ex-Ministre de la Justice) quasi aphone face à lui et surtout assimilié à "l'ancien système" -bien qu'il n'ait pas été de ceux qui ont été visés par l'opération mani pulite-  et je dirai même en fait incroyablement, terriblement muet. Imaginez Jospin face à Sarkozy lui disant que "la gauche est responsable du chômage de masse à cause des 35 heures et de l'importance trop grande accordée aux syndicats sous votre gouvernement" et Jospin ne rien dire, rester bec fermé alors même que son gouvernement a au contraire créé des emplois. Et bien, c'est cela qui est arrivé en 1994, mais sur la question de la justice et des magistrats "rouges, comploteurs, malades, oui malades, pshychiquement déviants" selon les mots du Cavaliere.
Voilà donc le topo de l'arrivée au pouvoir de l'homme qui a créé la nouvelle loi électorale, et les institutions instable,s ingouvernables. C'est bien simple, depuis 1994, trois grouvernements Berlusconi et trois gouvernements Prodi se sont succédé alternativement et aucun n'est arrivé à son terme.
Jamais personne encore n'a modifié - ou pu modifier - cette loi électorale qui font du système actuel italien pire que celui de la IVème République en France.
       D'autre part, il est au pouvoir avec une coalition très à droite, alliée avec l'extrême-droite. La Ligue du Nord (imaginez un parti d'alliance des séparatistes corses et basques pour l'indépédance de l'Ouest de la France), Alleanza Nazionale (une sorte de Front National, dirigé par Marine Le Pen et ayant nettoyé un peu son aile droite pour devenir présentable et respectable, leur logo reste une flamme identique à celle du FN, mais aux couleurs de l'Italie) et surtout le MSI : Movimiento Sociale Italiano. Attention à ne pas voir en ce dernier un parti socialiste, mais plutôt parti national-socialiste. Le MSI, parti d'Alessandra Mussolini, petite-fille du Duce et fondé par les descendants (mais aussi l'argent) du régime italien de 1922 à 1945, possède aujourd'hui le Ministère de la Défense !!
Des souvenirs nauséabonds étreignent tous ceux qui se souviennent de l'histoire de l'Italie, ou pis encore, ceux qui ont eu dans leur famille des victimes du fascisme.
Ces partis-là gouvernent! Et chose inimaginable : Alleanza Nazionale vient de rafler la mairie de Rome. Imaginez Paris dirigé par Marine Le Pen une seule seconde. Et bien la première mesure du nouveau maire de Rome a été de limoger le directeur du musée d'Art Contemporain de Rome. Quand on sait que la première mesure de Mussolini a été de s'attaquer aux enseignants d'université avec des déportations à la clé... Bien sur, sachons raison garder, il n'y a pas aujourd'hui -loin de là- crime contre l'humanité ni même assassinats politiques en Italie, donc ne crions pas au "fascisme" alors que le fascisme désigne des actes politiques datés, violents et d'une gravité extrême. Tout de même, notons que le pays est en récession économique et qu'un parti qui n'avait été au pouvoir que sous les heures les plus ternes de l'histoire de l'Italie est aujourd'hui de nouveau aux commandes avec une action politique préoccupante.
Pour finir, Berlusconi offre à la Camorra (mafia napolitaine) ce qu'elle souhaitait : les marchés publics des décheteries de Naples et le choix même des lieux... A savoir que la "crise des déchets" a été provoquée par la même Camorra.

Dans le même temps en France, il y eut ça :


La remise du Grand Prix du Festival de Cannes, à l'adaptation du plus grand roman d'enquête sur la mafia - qui vaut à son auteur une hyper protection policière depuis - est un fait marquant, surtout par rapport au contexte politique italien. C'est ce qui s'appelle un prix politique.
Je me permets ici de citer un bout de cet excellent article :

[...] Certains iront jusqu’à parler d’un sacrifice. Pour avoir réalisé un travail remarquable, Robert Saviano, 28 ans, a été condamné à mort. Journaliste free-lance, très actif dans la presse italienne et sur internet, il a collaboré par le passé à des journaux comme Il Corriere del Mezzogiorno ou Il Mattino. Il travaille aujourd’hui à l’hebdomadaire L’Espresso. Jamais, jusqu’alors, il ne s’était essayé à l’écriture d’un livre. C’est, depuis l’an passé, chose faite. Avec pour résultat l'un des plus gros succès de librairie de ces dernières décennies en Italie: plus d’un million d'exemplaires vendus à ce jour. Un ouvrage devenu à son tour un best-seller en Espagne (150 000) et en Allemagne (200 000). En attendant le film, dont le tournage a eu lieu à Naples et qui sera montré pour la première fois au festival de Cannes en mai prochain. Un triomphe donc… qui n’a fait qu’amplifier les menaces de mort à son encontre. La "faute" de Roberto Saviano s’intitule Gomorra. Dans l’empire de la camorra. L’ouvrage relate l’action de la mafia napolitaine au cours de ces dernières décennies, dont il a été en partie témoin en enquêtant sur le terrain. Ce récit est fait sans autocensure, c’est-à-dire en donnant les noms de tous les parrains. Tous les noms. Une avalanche de détails, repris en boucle dans les médias, qui a ulcéré un Système habitué à l’omerta. L’auteur s’est attelé à une description minutieuse de ce monde. Tout y est dit, dans un style à fleur de peau. Ce cri "affaiblit" certes un livre tenant plus de la dénonciation d’un Napolitain ayant vu son propre père être victime de la camorra que du récit neutre d’un journaliste. L’ouvrage n’en reste pas moins exceptionnel, comme le montre l’ensemble des réactions en Italie. La mobilisation pour soutenir R. Saviano, après sa condamnation à mort par la camorra, a cependant mis un certain temps à s’opérer. Il aura fallu attendre l’intervention de grands intellectuels italiens, à commencer par celle d’Umberto Eco: "Après le cas Rushdie et celui de Robert Redeker, il semble qu'on ne puisse plus exprimer ses idées. Et si, pour Rushdie et Redeker, l'assassin pouvait venir de n'importe où, on sait qui menace Saviano. Il ne faut surtout pas l'abandonner", a déclaré l’écrivain. Les politiques ont suivi cet appel. Le journaliste, qui réside aujourd’hui à Rome, est désormais protégé, comme le sont d’ordinaire les juges anti-mafia. Tout en sachant que "la camorra a une mémoire d’éléphant et une patience illimitée" [...]

Sur ce, chers lecteurs, je vous dis à bientôt et surtout ne lâchez rien.
Ce billet marque mon retour en ces pages, au moins pour un temps.

par Anarchange publié dans : Poli-tique (monde (si peu) diplomatique) communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Jeudi 20 mars 2008

 

 

       Chers lecteurs, l'actualité politique et sociale est assez chargée, avec de bonnes nouvelles aux municipales, pas si pâles que ça (peut être rose pâle à la limite, si l'on veut).

Parlons justement des municipales. J'ai suivi, comme beaucoup d'entre vous, les élections municipales avec attention. A toulouse, la gauche l'a enfin emporté (elle tient le Conseil Général, le Conseil Régional, les 8 députés de Haute Garonne et une grosse majorité des municipalités alentour) à une courte majorité tout de même ( 50,42 %). La nouvelle a été accueillie avec chaleur par les militants et sympathisants massés Rue de Metz, devant la permanence du candidat de gauche unie Pierre Cohen. Au fil du temps, la rue de Metz s'est remplie. Rendez-vous est donné une heure plus tard au Capitole. Quand j'ai eu la nouvelle, j'ai fait un bond en arrière en criant "ouuaaaaiis", puis "on a gagné, on a gagné" (il faut croire que la politique me fait plus vibrer que le football). Sur le trajet vers la permanence de Pierre Cohen, nous chantons l'Internationale devant les CRS en nombre (ils craignaient une émeute avec la vicoire de Moudenc?). Au Capitole nous voyons mr Moudenc, maire UMP sortant - et bien sortant! - les yeux gonflés, rougis, prêts à pleurer de nouveau. Une vieille bourgeoise, les larmes aux yeux, râle "et en plus je n'ai pas de chauffeur pour rentrer ce soir!". Oh, quelle tristesse. Non, mais vous vous rendez compte ma bonne dame, des communistes vont devenir adjoints. Mais qu'allons-nous devenir? Et les impôts?

Sur la place du Capitole, ce sont aux environ de 6000 personnes venues par la Rue Saint Rome qui attendent leur champion, le nouveau maire. Il aura une heure de retard sur le rendez-vous prévu. Mais la foule reste là, malgré la fraîcheur. C'est historique, la droite gouvernait Toulouse depuis 37 ans!

Un petit lien ici pour un peu de détails sur la nouvelle équipe qui comprend quand même Jean-Paul Havrin, le créateur de la police de proximité (nommé adjoint à la sécurité) et Nicole Belloubet, l'ex-rectrice d'académie ayant démissioné par protestation contre la loi Fillon sur l'éducation de 2005.

Cette nouvelle mairie devrait m'apporter les transports gratuits, ce qui me change la vie. Ainsi, j'ai voté dans ma ville natale d'Hyères, remportée par la droite non UMP, comme au temps de Ritondale (maire sortant, décédé il y a un mois, 4 mandats). On verra ce que donnera la nouvelle équipe. Cela m'amène à une réflexion : il faudrait repenser le système de vote local. A l'heure de la décentralisation, où l'Etat délègue ses compétences et les citoyens sont en demande de participation, au moins au niveau local, les frontières ne semblent plus les bonnes. Pour moi qui suis étudiant, le maire de Toulouse a plus d'impact sur ma vie que le maire d'Hyères. C'est un choix que de s'inscrire sur les listes électorales d'Hyères me direz-vous. Soit. Mais alors, quid des habitants de Vincennes qui concentrent leur activité professionnelle, culturelle et sociale à Paris? Pourquoi n'auraient-ils pas voix au chapitre dans l'élection de la mairie de Paris qui est autrement plus influente que la mairie de leur lieu de résidence. Ainsi, je ne souhaite pas un désinvestissement dans petites communes de banlieue ou des villes natales (pour ceux qui sont dans un cas similaire au mien), non. Au contraire, je souhaite que l'on repense l'action du citoyen en fonction de ses trajectoires. Par exemple, qu'un Hyérois qui travaille à La Garde puisse élire le président de la Communauté d'agglomération qui englobe les deux villes par exemple. Il faut inventer de nouveaux lieux de démocratie et repenser le découpage politique local. Peut être imaginer un système de participation double, ou créer plus de communautés urbaines et soumettre cet échelon au suffrage universel direct? Ceci n'est qu'une des idées possibles. La réflexion reste à mener en ce domaine sans que cela devienne un énième découpage des circonscriptions. La France s'est beaucoup urbanisée et la mobilité a évolué, les répartitions sociales aussi. Cela mériterait une réflexion sur la possibilité d'intégrer plus le citoyen dans le jeu politique car le grand vainqueur des municipales n'est pas la gauche mais l'abstention!

paris_0008.jpg

Le chiffre de participation du premier tour – 66,5% – est en retrait de 1% par rapport à 2001 et c’est le chiffre le plus faible enregistré depuis 1959. L’abstention a même atteint 39% dans les communes de plus de 3.500 habitants et 44% au-dessus de 100.000 habitants. Et les votes blancs et nuls ont, pour la première fois, dépassé 4% dans les communes de plus de 3.500 habitants. L'originalité du scrutin 2008 réside dans le fait que l'abstention du second tour est encore plus forte que l'abstention du 1er tour. Est-ce là un message politique d'une partie de l'électorat de droite du 6 mai 2007 qui serait donc désireuse de prendre ses distances sans pour autant voter pour l'opposition?
Le scrutin 2008 marque une sanction présidentielle comparable à celle du scrutin de 1983. C'est dire l'importance de la sanction.

Enfin, tout de même, hier a eu lieu un évènement d'importance sans que personne ne le mentionne : "Iraqi Freedom" a 5 ans! La guerre en Irak a commencé le 19 mars 2003, malgré les refus de l'ONU, les mobilisations massives, si ce n'est la plus forte mobilisation internationale de l'histoire : entre 10 et 20 millions de participants, et peut-être plus, de par le monde dont 400 000 à Wahington, 2 millions à Rome, 1 million à Londres, 2 millions à Madrid. Le bilan des morts n'est même pas fiable aujourd'hui, seuls les bénéfices pour les firmes du pétrole et d'armement restent vérifiables ainsi que le coût économique de la guerre. C'est un coût que paieront malheureusement les générations futures, privées des infrastuctures qui auraient dues êtres financées par l'Etat américain. La guerre en Irak est un véritable bourbier qui a apporté la mort et la perte des infrastucrues de base (eau courante, électricité) pour une partie des populations civiles qui peut du coup se prendre à regretter le régime de SAddam Hussein. Ces populations meurtries, blessées, qui ont perdu des membres de leur famille au nom de la "pacification" et de l'instauration d'une démocratie libérale font une cible de choix pour les prophètes d'un choc des civilisations, pour les obscurantistes de tout poil.

paris_0004.jpg

La folie des évangélistes et autres néo-cons renforce le poids de leurs adversaires.

Et encore une fois, cette guerre a plus desservi la démocratie et l'idée même de démocratie qu'elle ne lui a servi. Par contre, elle s'est révélée être une opération juteuse sans précédent pour de nombreuses firmes : l'exploitation des ressources pétrolières. Jean Jaurès disait "le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l'orage". En ces temps de guerre, j'ai une pensée pour celui est mort pour avoir combattu la guerre le 29 juillet 1914.

Un dernier mot pour dire que le 22 mars sera l'anniversaire du "mouvement du 22 mars", un des éléments importants de Mai 68, dont je parlerai plus longuement à travers ces pages.

Cela me révolte que l'on n'en dise mot sur aucun média. Ah, si, Daniel Mermet en parle un peu : allez donc voir là-bas si j'y suis!

A bientôt chers lecteurs.

 

par Anarchange publié dans : Billet d'humeur (une réclamation?) communauté : Libre parole-Libre Information
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Mercredi 12 mars 2008

 



Une fois n'est pas coutume, cet article traitera de politique et sera accompagné de photos prises à Paris en février, elles n'illustreront pas le texte  ni ne l'expliciteront.

IMG_0003.jpgVue de Monmartre



    Qu'en est-il donc des élections les plus politiques qui soient? La politique étant "la vie de la Polis", la cité en Grec (je n'aurai de cesse de le rappeller contre tous les candidats "apolitiques" aux élections municipales et ces derniers sont légion), il n'y a pas plus politique qu'une mairie. On veut souvent opposer le local au national, local qui serait donc plus proche des concitoyens que les élites parisiennes. Les élections municipales procèdent d'un double mouvement, d'une double intention chez l'électeur : à la fois la sanction d'une politique locale, le choix d'un projet pour la ville ou, du moins, d'une équipe municipale qui semble la plus apte à répondre à ses attentes et une connexion entre des enjeux locaux (couleur politique des autres collectivités locales : intercommunalité, agglomération, département, région...) et nationaux (sanction d'une politique gouvernementale? dont se défend pourtant l'UMP alors même que le Président de la république a dit vouloir faire des élections municipales une confirmation au niveau local de sa politique nationale).

    Que voit-on à l'issue de ce scrutin du 1er tour? :
La gauche est sûre de se maintenir (et même d'améliorer ses scores) à Paris et Lyon. La droite conserve Bordeaux avec un Alain Juppé élu dès le 1er tour. Elle devra par contre liver une véritable bataille à Toulouse, où le maire sortant Jean-Luc Moudenc (UMP) a reccueilli 42% des suffrages contre 39% pour la liste PS-PCF-Verts-MRC-PRG de Pierre Cohen sachant que les autres listes de gauche receuillent 12% et le Modem -qui vient de fusionner non sans violence avec Moudenc- 6% et à Marseille ou Jean-Claude Gaudin (UMP) se retrouve au coude-à-coude avec Mr Guérini [PS-PCF...] (41% pour Gaudin et 39,1% pour Guérini).
Pour plus de détails sur l'enjeu toulousain. Quant à Marseille : Maire depuis 1995, l'UMP Jean-Claude Gaudin (41 %) vire en tête au premier tour, sans distancer le socialiste Jean-Noël Guérini (39,1 %) qui a fusionné avec le MoDem de Jean-Luc Bennahmias (5,5 %). L'extrême gauche (5 %) y appelle à battre la droite.
Le Conseil Général de Corrèze, fief des Chirac, passe à gauche pour la première fois depuis bien longtemps.
Le nombre de villes de droite de plus de 30 000 habitants menacées est long comme le bras, tandis que la gauche en a déjà pris 5 dès le premier tour, ce qui est une grosse performance. Du côté des villes de gauche menacées, je ne vois que Agen et Angers, et encore...
Sinon le Modem fait plutôt une bonne performance en s'implantant dans pas mal de villes avec des scores vers 10. Mais Bayrou va se planter à Pau, et montrer que c'est un stratège de 5ème division (quelle idée d'aller se présenter aux municipales ?), et la stratégie du second tour est elle aussi totalement illisible. Mais là je ne sais absolument pas si ça sera bien jugé (un parti qui est pragmatique) ou mal (un parti qui n'a pas de stratégie nationale).

IMG_0009.jpgRandom street lamp and the sky


A noter aussi :
Villes où le MoDem fusionne avec la gauche :

MARSEILLE (Bouches-du-Rhône) : chef de file du MoDem marseillais, l'ancien secrétaire national des Verts Jean-Luc Bennahmias a annoncé lundi soir la fusion de ses listes (5,54%) avec celles du socialiste Jean-Noël Guérini (39,14%), malgré la main tendue par le maire UMP Jean-Claude Gaudin (41,03%).
LILLE (Nord) : assurée d'être réélue après ses 46,02% du premier tour, Martine Aubry (PS) s'est alliée mardi avec le MoDem (7,79%).
CHARTRES (Eure-et-Loir) : la socialiste Françoise Vallet (29,25%) s'est alliée avec le Modem Eric Chevée (13,74%) pour refaire son retard sur le maire UMP Jean-Pierre Gorges (46,12%).
ASNIERES-SUR-SEINE (Hauts-de-Seine) : le MoDem (12,34%) a fusionné avec le PS et une liste divers-droite pour faire barrage au maire UMP Manuel Aeschlimann (41,56%).
MELUN (Seine-et-Marne) : distancé au premier tour par le maire UMP sortant Gérard Millet (48,19%), le candidat socialiste (36,34%) fusionne avec le MoDem (15,47%).
POISSY (Yvelines) : après avoir fait jeu égal au premier tour (27,1%) et (26,87%), les listes PS et MoDem fusionnent pour tenter de battre le maire UMP Jacques Masdeu-Arus.

Villes où le MoDem fusionne avec la droite :

TOULOUSE (Haute-Garonne) : tête de liste MoDem, Jean-Luc Forget (5,9%) fusionne avec le maire sortant apparenté UMP Jean-Luc Moudenc (42,6%), au coude-à-coude avec le socialiste Pierre Cohen.
METZ (Moselle) : la députée européenne Nathalie Griesbeck (14,69% au premier tour) a conclu un accord avec la candidate UMP Marie-Jo Zimmermann (16,68%) et une liste divers-droite (5,63%) pour détrôner Jean-Marie Rausch, maire divers-droite depuis 1971. Une triangulaire mettra aux prises le tandem Zimmermann-Griesbeck, le maire sortant et le socialiste Dominique Gros, en tête au premier tour. L'UMP, qui soutenait Zimmermann au premier tour, a du coup accordé son soutien à Jean-Marie Rausch.
COLOMBES (Hauts-de-Seine) : troisième avec 8,6% des voix, Laurent Trupin fusionne avec la liste de la maire UMP Nicole Goueta (42,46%), sur laquelle figure la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade, plutôt qu'avec le socialiste Philippe Sarre (43,56%).

Villes où le MoDem se maintient :

PAU (Pyrénées-Atlantiques) : François Bayrou, en situation délicate après ses 32,61% du premier tour face à la candidate de la gauche Martine Lignières-Cassou (33,87%) et Yves Urieta, soutenu par l'UMP (27,8%), a décliné l'offre de l'UMP d'un soutien à Pau en échange du retrait du MoDem dans d'autres villes.
PARIS : chef de file du MoDem parisien, Marielle de Sarnez a décidé de maintenir ses listes dans les trois arrondissements où elles ont franchi la barre des 10% : le Ve, le VIIe et le XIVe. Il n'y aura pas de fusion avec le PS et l'UMP dans les autres arrondissements.
SAINT-ÉTIENNE (Loire) : troisième avec 20,23% des voix, Gilles Artigues (MoDem) maintient sa liste. Il affrontera dans une triangulaire le maire sortant UMP Michel Thiollière et la liste de gauche conduite par Maurice Vincent (PS).
BELFORT (Territoire de Belfort): le candidat du MoDem Christophe Grudler (16,91%) affrontera dans une triangulaire Etienne Butzbach (MRC-PS) et Damien Meslot (UMP).
AIX-EN-PROVENCE (Bouches-du-Rhône) : les négociations pour une fusion des listes PS-MoDem-DVG se sont soldées par un échec. Une triangulaire opposera donc le maire UMP Maryse Joissains, François-Xavier de Peretti (MoDem) et le socialiste Alexandre Medvedowsky.

Ville où le MoDem s'est retiré :

BLOIS (Loir-et-Cher): le MoDem Jean-François Mortelette (16,19%) s'est retiré sans donner de consigne de vote entre le socialiste Marc Gricourt (41,73%) et le maire Nouveau centre Nicolas Perruchot (29,09%).

paris_0006.jpgMaison à Montmartre


Lemonde.fr nous livre un panorama des triangulaires du second tour.
Un petit mot sur ma ville d'Hyères tout de même :

Jacques POLITI ENSEMBLE POUR HYÈRES Liste divers droite 6513 26.28%
Jean-Pierre GIRAN HYERES POUR TOUS Liste de la majorité 5956 24.03%
Francis ROUX NOTRE COEUR POUR HYERES Liste divers droite 5403 21.8%
Alain JAUBERT HYERES SOLIDAIRE Liste divers gauche 3387 13.66%
Jean-Claude ALBERIGO CHANGER D'ERE Liste des Verts 1281 5.17%
Jean DONZEL UNISSONS NOS FORCES POUR Liste centre-MoDem 929 3.75%
Marie-Christine HAMEL UNE FORCE NOUVELLE Liste divers droite 796 3.21%
Christian DEVOS HYERES DEMAIN MA VILLE EN Liste divers droite 396 1.6%
Geneviève SCHELL LISTE POUR LA RECONQUETE Liste d extrême gauche 125 0.5%


L'UMP réalise un score étonnant. Les Hyérois ayant toujours été rétifs aux partis de gouvernement, depuis 1983, fidèles à la ligne de Léopolde Ritondale, maire sortant divers-droite mort à 86 ans, au cours de son 4ème mandat, il y a moins d'un mois. On voit que c'est la continuité, une liste divers-droite tenue par des membres de son ancienne équipe qui l'emporte. La gauche est en piteux état et le candidat Alain Jaubert préfère tirer  boulets rouges sur les Verts plutôt que développer un argumentaire contre la droite et pour une dynamique de gauche au second tour. C'est une quadrangulaire, j'imaginais au moins une triangulaire. 
Le PS délaisse un peut trop un département considéré come perdu d'avance. Peur de la défaite?
"Seuls les combats que l'on ne mène pas sont perdus d'avance".
        Jean-Pierre Giran mène campagne sur un argument désuet "je défendrais mieux la ville en étant député-maire" qui nous remémore les pires dysfonctionnements de la IIIème République. J'espérai, à tort peut-être, qu'on ait enfin dépassé "la république des camarades". Ce n'est pas un argument politique intéressant, ni viable dans notre société actuelle, à l'heure d'un double processus de mondialisation, d'intégration européenne (logiques transnationales) et de décentralisation (déléguer plus de pouvoir au niveau local). Hyères mérite mieux que cet argument stérile et préhistorique que l'on pourrait même passer au Carbone 14.
De plus, comment peut-il approuver la politique de Sarkozy au plan national et ne pas l'approuver au plan local (il s'est prononcé contre la fermeture du Tribunal d'Instance de Hyères - conséquence de la réforme Dati - mais n'a pas réussi à le "sauvegarder", lui qui prétendait avoir le bras long)?
Qu'est-ce à dire ? Il est donc d'accord pour la suppression de Tribunaux d'Instance, mais pas celui de Hyères? pour l'expulsion d'étrangers, mais pas sous les yeux des riverains hyérois? la baisse des crédits pour les hôpitaux (et des fermetures de lits à la clé) mais pas sur l'hôpital d'Hyères? Et la liste est longue. C'est d'une incohérence et d'un ridicule!

paris_0011.jpgFontaine Garancière, 6ème arr.


Il ne faut pas oublier non plus les scores éloquents des cantonales :
2001 : gauche 46,4 - droite 52,2 (dont 10 exd)
2004 : gauche 48,2 - droite 50,1 (dont 13 exd)
2008 : gauche 48 - droite 46,8 (dont 5 exd) - Modem 4,2

Et pour finir, je vous invite à lire ce billet éloquent sur le pouvoir d'achat.

Sur ce chers lecteurs, tenez bon et n'oubliez pas de voter dimanche.

par Anarchange publié dans : Poli-tique (monde (si peu) diplomatique) communauté : Libre parole-Libre Information
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Lundi 25 février 2008



laicite.thumbnail.jpg        L'on a fait dire à André Malraux "Le XXI° siècle sera religieux ou ne sera pas". Depuis la sortie du livre qui porte son nom "La République, les religions, l'espérance" Éditions du Cerf (publié le 28 octobre 2004 à la veille du 100 ème anniversaire de la loi de 1905), et plus encore depuis son élection à la présidence de la République Française, Nicolas Sarkozy souffle le chaud et le froid sur la loi de séparation des Eglises et de l'Etat. Or il apparaît que cette loi de 1905 est un pilier de notre république moderne et laïque, et qu'elle définit et offre un cadre original qui permet d'imaginer un modèle de société fondé sur une coexistence harmonieuse des groupes et des individus plutôt qu'une segmentation de ceux-ci dans un modèle dit "communautariste". Une importante majorité de nos concitoyens (et en premier lieu la jeunesse, nous les étudiants) doit pouvoir se retrouver autour de cette question pour éviter le démantèlement programmé de la loi de 1905.

 

    En plus d’être un élément constitutif de la République, c’est aussi un des « ciments » de la gauche : Au début du vingtième siècle, l’union va paraître indispensable. L’affaire Dreyfus qui débute en 1898 (et se termine par sa réhabilitation 6 ans après)  a déjà rapproché les forces de gauche pour lutter contre les cléricaux, antisémites, la droite, les premières ligues qui se forment (Ligue des patriotes de Desroulèdes, ou Ligue antisémite de Guérin opposées toutes deux à la LDH dreyfusarde et seule « ligue de gauche »).
C’est la question religieuse qui fait l’unité du bloc des gauches. Emile Combes, radical et laïc « de combat », devient président du Conseil et poursuit une action commencée par la loi de 1901 sur les associations (permet de maîtriser les congrégations). En mars 1904, une loi interdit l’enseignement aux congrégations autorisées. Combes prépare une loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.

30 mai 1904 : vote par la Chambre des députés de la rupture des relations diplomatiques avec le Vatican. 10 novembre 1904 : projet de loi présenté par le gouvernement de M. Combes. Automne 1904 : Affaires des fiches. On découvre que les officiers catholiques, considérés comme dangereux pour la République, sont fichés. Le cabinet Combes tombe le 18 janvier 1905. Le 9 février 1905, le nouveau président du Conseil, Rouvier, présente un nouveau projet qui reprend l'essentiel du texte initial de la commission. 10 février 1905 : Ouverture du débat sur la Séparation. 21 mars 1905 : Première séance publique consacrée à la loi de Séparation. La séance est présidée par Paul Doumer. Les députés repoussent une motion de procédure visant à ajourner le débat. 3 juillet 1905 : Après 48 séances de discussion, la Chambre des députés adopte le projet de loi de séparation des Églises et de l’État, par 341 voix contre 233. 30 octobre 1905 : Dépôt sur le bureau du Sénat, du rapport sur le projet de loi adopté par la Chambre des députés. 9 novembre 1905 : Début de la discussion au Sénat, en session extraordinaire. 6 décembre 1905 : Le texte est voté conforme par les sénateurs par 181 voix contre 102. 9 décembre 1905 : La loi de Séparation est promulguée par le Président de la République.

    Cette loi est portée par des hommes illustres comme Jean Jaurès ; Ferdinand Buisson, Aristide Briand. Ce contexte est très important, toutes les distinctions de l'époque, méconnues aujourd'hui (ce qui alimente le flou autour de la notion même de laïcité) sont déterminantes, sur le sens de la loi notamment. Le débat parlementaire lui-même a donc duré 10 mois, et vient d’un débat en amont plus long encore.  Aujourd’hui, un débat si long serait presque impensable pour une loi, un débat d’un mois paraîtrait même long. Cette loi a nécessité un si long débat parce qu'elle se voulait un pilier inaliénable, indiscutable même.
De fait, aller
aujourd'hui à l'encontre de cette loi, c'est même se faire plus archaïque que le clergé (ayant accepté cette loi avec le temps et aujourd’hui la trouvant indispensable), et défendre une vision de l'Eglise déjà minoritaire en 1906.

Voici les principes de cette loi :

ARTICLE PREMIER. – « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. »

ART. 2.- « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.
Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l'article »

    Ainsi, l’Etat cesse de financer les cultes, quels qu’ils soient, mais surtout « assure la liberté de conscience », c'est-à-dire, dans son acception première, le choix de croire ou de ne pas croire. C’est donc d’abord l’organisation d’une cohabitation entre croyants et athées, agnostiques, laïcs ou libres-penseurs qui prévaut. On notera aussi l’art. 26 : « Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement à l'exercice d'un culte. » Par là-même, on cherche à éviter que le clergé dicte des conduites électorales et que le spirituel (le religieux) influe sur le temporel (le politique).

Les récents discours du Président de la République donnent lieu de s’inquiéter quant au maintien de ce système.

Par exemple, le 20 décembre 2007, à Saint-Jean de Latran, Nicolas Sarkozy s’est fendu d’un laïus difficilement acceptable dans un souci de vérité historique : « la foi chrétienne a pénétré en profondeur la société française, sa culture, ses paysages, sa façon de vivre, son architecture, sa littérature, que la France entretient avec le siège apostolique une relation si particulière. Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. »

Les racines de la France sont évidemment chrétiennes, mais tout aussi laïques et athées. Qu’est-ce que la Révolution Française, si ce n’est la contestation à la fois de la volonté divine et de la représentation de Dieu sur Terre ? Qu’est-ce que la France sans les lois Ferry sur l’instruction publique, sans l’interdiction des congrégations, sans la loi de 1905, sans débat passionné sur toute modification de la loi Falloux (1850) ?

« Même celui qui affirme ne pas croire ne peut soutenir en même temps qu’il ne s’interroge pas sur l’essentiel. Le fait spirituel, c’est la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance. Le fait religieux, c’est la réponse des religions à cette aspiration fondamentale » dixit encore le chef de l’Etat, ayant oublié que la République assure la liberté de conscience, donc liberté de ne pas trouver que la croyance en Dieu soit l’essentiel de la vie humaine. Parlant au nom de la République, il devrait se garder de prendre pour valable une vision unique de la transcendance. Il existe bien des transcendances sans Dieu. Il va plus loin, pour lui « un homme qui croit, c’est un homme qui espère » comme si les athées, les laïcs, les agnostiques, les libres penseurs n’avaient pas d’espérance et étaient tous voués au pessimisme.

Pis encore, il s’attaque à un des fondamentaux de la République, car selon lui « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. » Hiérarchiser, dans l’acte éducatif, l’instituteur et le prêtre est une attaque en règle de l’école publique et laïque (lois Ferry de 1881-82, « lettre aux instituteurs » de J. Jaurès) d’une part. D’autre part, cette mise au point exclut de facto toutes les autres religions monothéistes. Est-ce cela la laïcité ?

 laicite02.gif

    Pour toutes ces raisons, il est plus que temps de se saisir de cette question, notamment au sein de l’université, quand on voit qu’une formation universitaire «  Religions, laïcité, interculturalité». est maintenant proposée à l’Institut Catholique de Paris. Elle forme des religieux (sous couvert de les initier aux problématiques de laïcité) au sein de l’Université Française. Des apprentis curés en soutane ainsi que des futurs imams à l’âge plutôt avancé comparé à l’âge moyen des étudiants vont recevoir une formation reconnue par l’Etat. De plus, le gouvernement s'apprête à reconnaître les diplômes des universités catholiques et à permettre des équivalences avec les facultés publiques.

Encore plus récemment, le chef de l’Etat a, lors du dernier dîner du CRIF, exprimé son souhait de voir les enfants français rencontrer « au cours de leur formation » des « religieux engagés » qui sont selon lui, on le sait, « supérieurs » à l’instituteur.

 
Je ne peux rester ici sans analyser son discours au dîner du CRIF :

 


jeudi 14 février 2008, mis à jour à 06:15

Dîner du Crif

Laïcité: Sarkozy s'explique

LEXPRESS.fr

Le président Nicolas Sarkozy a défendu sa conception de la laïcité mercredi au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), regrettant que ses discours de Latran et de Ryad aient donné lieu à des "approximations, amalgames et raccourcis".

M. Sarkozy était l'invité d'honneur du dîner du Crif aalors que, les autres années, ce rôle revient au Premier ministre. Cette année, un millier de convives étaient rassemblés au pavillon d'Armenonville de Boulogne. Outre François Fillon et une vingtaine de membres du gouvernement, étaient également présentes des personnalités de gauche (Bertrand Delanoë, Jean-Paul Huchon, et Ségolène Royal arrivée ostensiblement après les discours, Marie-George Buffet, Robert Hue), une quinzaine d'ambassadeurs, dont la déléguée générale de Palestine, Hind Khoury.

Revenant sur la polémique née de ses propos sur la "laïcité positive", M. Sarkozy a affirmé: "jamais je n'ai dit que la morale laïque était inférieure à la morale religieuse (...) Je défends l'idée que les deux morales sont complémentaires".

"Et jamais je n'ai dit que l'instituteur était inférieur au curé, au rabbin ou à l'imam pour transmettre des valeurs. Mais ce dont ils témoignent n'est tout simplement pas la même chose. Le premier témoigne d'une morale laïque, faite d'honnêteté, de tolérance, de respect. Que ne dirait-on pas d'ailleurs si l'instituteur s'autorisait à témoigner d'une morale religieuse ? Le second témoigne d'une transcendance dont la crédibilité est d'autant plus forte qu'elle se décline dans une certaine radicalité de vie", a-t-il dit.

A la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, le 20 décembre, M. Sarkozy avait déclaré que "dans la transmission et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur". "Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence", a-t-il également souligné. "Si les religions sont impuissantes à préserver les hommes de la haine et de la barbarie, le monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir, ne s'est pas révélé tellement préférable", a-t-il ajouté.

Convenant avec le président du Crif, Richard Prasquier, que l'antisémitisme se combat "dès l'école", M. Sarkozy, plusieurs fois applaudi, a affirmé avoir "demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah".

Il a également annoncé que le président israélien viendrait en France en mars et que lui-même se rendrait en Israël en mai pour le 60è anniversaire de la création de l'Etat. Défendant le droit d'Israël à sa sécurité, M. Sarkozy a également rappelé que "les Palestiniens doivent avoir un Etat" et qu'"un accord d'ici la fin de l'année est parfaitement possible".

Alors que M. Prasquier venait de faire part d'inquiétudes sur une menace nucléaire iranienne, M. Sarkozy a dit qu'il appartenait "à l'Iran de démontrer ses objectifs pacifiques et de respecter les résolutions des Nations unies" en matière de nucléaire. "Je ne rencontrerai pas, je ne serrerai pas la main de gens qui refusent de reconnaître l'Etat d'Israël", a indiqué M. Sarkozy.

 


 Ainsi donc, si je ne m'abuse, morale laïque et morale religieuse seraient complémentaires. Sur ce point, je pense qu'il convient de rappeler que la laïcité organise la cohabitation entre morale athée et morales religieuses. Notre président confondrait-il alors laïcité et athéisme? La morale laïque est supérieure à la morale athée et la morale religieuse car elle organise leur cohabitation si tant est que l'on puisse hiérarchiser les morales (ce qui est déjà dangereux en soi).

La transcendance n'existerait pas non plus chez les laïcs ou même les incroyants. Le chef de l'Etat ne doit pas poser de telles affirmations. Que connaît-il des transcendances irreligieuses? On peut très bien, sans Dieu, ne pas rester dans l'immanence et imaginer de futurs meilleurs qui ne soient pas dans une quelconque "vie après la vie". La question métaphysique et la radicalité dans la recherche du sens à la vie n'est pas inexistante chez les athées ou les agnostiques. De plus, un laïc n'est pas forcément un athée ou agnostique. Un enseignant peut très bien vivre sa fonction comme un sacerdoce irreligieux qui mérite des sacrifices, comme une mission importante de transmission et de création de citoyens, d'esprits libres capables de travailler comme de penser par eux-même, de bien vivre en société...
Un enseignant peut avoir une radicalité de vie dans son rôle, se donner corps et âme à sa tâche et avoir pour transcendance l'espoir de l'avènement d'une société cultivée d'individus libres. Je récuse là son argument d'absence de transcendance et la hiérarchisation qui en découle dans les propos du chef de l'Etat.

Enfin, le communisme et le nazisme auraient tenté de construire un monde sans Dieu.
Si les rapports entre le système communiste et la religion sont clairs, ceux du nazisme et de la religion sont beaucoup plus complexes. Dans Mein Kampf, Hitler utilisait la Bible comme justification à la politique antijuive. En effet, la Bible comprend tout et son contraire, le pacifisme le plus pur ("tendre la joue gauche" après un premier coup) comme le bellicisme le plus dur (justification de massacres car c'est la volonté divine). L'Eglise catholique a toujours eu un fond antisémite et le juif c'est Judas, le traitre depuis 2000 ans qu'il faut accabler et pourchasser.  Nombre de religieux Français ont plus que collaboré (quand d'autres à la même époque ont résisté et aidé de nombreux juifs et/ou résistants), le Pape lui-même a ensuite organisé en partie la fuite de dignitaires nazis vers les dictatures d'Amérique du Sud et les exemples sont nombreux. Le national-socialisme, s'il se disait anti-bourgeois, ne cherchait pas un monde sans Dieu mais un monde aryen... Ce qui n'est pas vraiment la même chose.
L'athéisme aurait pour conséquence la dictature, la belle affaire!
Il me semblait au contraire que la Religion a servi de justification à bien des massacres, des guerres et des querelles. L'inquisition, la Saint-Barthélémy, le pillage des richesses et la destructions d'ethnies sur le continent américain... De quel côté se place l'obscurantisme?
Le chef de l'Etat tente ici de renverser le lieu de l'obscurantisme et de faire donc de la libre pensée une horreur inhumaine.
Evidemment que la Religion contient des éléments positifs et sait avoir un rôle positif (l'action des Jeunesses Ouvrières Chrétiennes, d'associations comme la CIMADE...) et bien sur aussi que l'athéisme sait être porteur d'actions positives malgré le fait que l'athéisme nécessite un brin de nihilisme en tant que négation affirmée de l'existence de Dieu.
Cependant, l'athéisme n'est sûrement pas la source des plus grandes inhumanités et la religion ne saurait non plus être leur source unique. Les horreurs que l'on a connu au XXème siècle ne peuvent être imputées ni à la religion (même si elle a pu servir de justification d'une partie de ces horreurs, c'est n'est qu'une des raisons avancées, si tant est qu'on puisse accepter qu'il y ait des "raisons", des justifications à cela) ni à l'irreligion.
Cela n'a rien à voir avec la morale laïque dont il parle avant. L'athéisme et la laïcité ne sont pas la même chose, je persiste et signe et m'inscris en faux par rapport aux dires de notre Président.

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Le syndicalisme étudiant ne peut se permettre de laisser cette question à l’abandon alors qu’elle est un des enjeux du vivre ensemble, à l’université comme dans la société. De nombreuses questions doivent être soulevées quant à l’application de la laïcité au sein de l’université. Levons-nous et unissons-nous pour la laïcité !


Pour ceux qui auraient envie d'approfondir le débat :
- sur la laïcité
- à propos de l'athéisme
- Discours de Saint-Jean de Latran  à télécharger (source Elysée)
- Discours de Saint-Jean de Latran à lire en ligne
- Analyse de ce discours par Jean-Luc Mélenchon

Pour certains de mes lecteurs, voilà à disposition une première version de cet article dans le journal de Démos (sensibilité de l'UNEF) et pour ceux qui ne l'auraient pas encore signé, l'appel laïque.

Tenez bons chers lecteurs, religieux ou non, souhaitons tous encore longue vie à la loi de 1905 et soutenons la fortement. Elle est fondamentale pour le vivre-ensemble.

par Anarchange publié dans : Société (tu m'auras pas...) communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Vendredi 1 février 2008
Pas de musique sur cet article coup de gueule car radioblog est en maintenance. Le conseil d'administration exceptionnel de ce blog est désolé de l'absence de joyeuseté sonore sur ce billet et s'en excuse auprès des fidèles lecteurs. Cependant, aucune voie de recours n'est possible, aucun délai n'est ouvert.

Ahah, que puis-je être juridique après avoir subi une émigration non choisie (oh pauvre de moi! Sarkozy, sors de ce corps!) à l'Ecole Supérieure de Commerce de Toulouse (To lose Be 'zness c'est cool... dans un anglais à la dactylographie toute aussi approximative que l'accent avec lequel ces mots nous ont été prononcés, quand on se prétend ouvert sur l'international, c'est regrettable).

Récit d'une semaine de cours à l'ESC Toulouse :
Partant d'une bonne volonté, i.e. un rapprochement entre le vénérable institut de création des cadres de la fonction publique (et aussi en partie du privé) et l'institut de l'argent triomphant qu'est l'ESC toulouse pour parvenir plus tard à un double diplôme Sciences Po - ESC, très prisé des recruteurs (formation à la fois riche en culture générale et ayant un pied dans le monde capitaliste) sans avoir à faire et l'ESC et Sciences Po (et aussi pour éviter la création d'une filière économie-finance lourde à l'IEP), ce dispositif se révèle atrocement chiant (pardon ce n'est pas politiquement correct) un échec à mon avis, en tous cas du point de vue d'un iepien (ou sciences pote, ou pipoteux... enfin bref, étudiant à sciences po).

Ecolesuceurscapitalistes1.jpgCi-dessus l'Ecole des Sans-allure capitalistes (bâtiment moderne et froid, pas toujours achevé à l'intérieur)

        En tous cas, j'espérai - naïvement faut-il croire -acquérir un certain regard sur l'économie (à l'ouest, rien de nouveau), mais aussi un vrai savoir économique (idem, ai-je envie de dire), découvrir une autre école (ça c'est fait!) et probablement nuancer mes préjugés sur le monde des écoles de commerce, me sortir de mes présupposés.
Et bien, candide que j'étais, il ne me fallut que peu de temps pour réclamer (à qui? implorer le ciel? jamais!) un retour rapide auprès de ma "sociologie de l'état", de mes "finances publiques" et autres "sociologie de l'action publique". Et ce, dès le premier jour, le plus dur reste que j'ai eu l'impression que ça n'a fait qu'empirer les jours passants.
En même temps, cet échange a eu le mérite de nuancer mon discours critique vis-à-vis de Sciences Po et de me rendre compte que c'est vraiment pour faire du droit, de la sociologie, de l'histoire... que je suis venu là. Je crois que je n'ai jamais autant attendu la reprise des cours à Sciences Po depuis mon entrée dans cette école. Même les profs que j'apprécie le moins me manquent au plus haut point.

Nous avions donc au menu deux cours : un cours obligatoire de 15h de "Stratégie d'entreprise" et un cours optionnel au choix de 15h, j'ai pris, en bon syndicaliste militant et curieux de tout, "pratique de la négociation sociale" à mon grand dam ensuite.
Le cours de Stratégie d'entreprise est très général, dans cet amphi très mal construit, en forme de triangle, où je découvre (avec d'autres) stupéfait qu'ils n'ont pas accès au WIFI (internet sans fil, ici compris au sens de réseau wifi interne à l'école permettant l'accès libre des étudiants au net sur leur ordinateur portable, leur permettant de faire des recherches tout en tapant leur cours sous Word).
Qu'est-ce à dire? La deuxième année à l'ESC coûte plus de 8000 euros à chaque étudiant et ils n'ont même pas droit à un service auquel nous avons droit à Sciences Po pour 10 fois moins de frais de scolarité annuels (autour de 800 euros, avec des nuances selon que l'on est boursier ou non, un boursier échelon 5 étant exonéré). Ce service est aussi un service auquel ont droit les étudiants de l'Université Toulouse 1 (Droit, Economie, Gestion...) [en face de Sciences Po] mais aussi beaucoup d'étudiants de ces facultés si "désargentées" et en "perte de vitesse" que l'on s'empresse avec la Pécresse de rendre moins démocratiques (moins de rprésentants étudiants au CA) et plus proche du privé (sans toutefois créer de vrais services des stages/emplois/emplois d'été, ni de forum emplois réguliers, ni de véritables ponts entre les étudiants et le travail, mais seulement un rapprochement capitalistique).

Il faudra donc qu'on m'explique sur ce point pourquoi valorise-t-on tant les ESC et autres écoles de commerce quand en payant si cher, ils n'ont même pas un service minimum offert par l'université, et en quoi peut-on qualifier ces écoles de "Grandes écoles"? Le concours peut-être, les capacités de stage de haut niveau (ou plutôt dans des métiers à forte rémunération, parce que le niveau intellectuel demandé et le niveau de travail fourni n'est franchement pas impressionnant) surtout.
Déjà, étudiant en Hypokhâge côtoyant des étudiants de prépa "HEC", je voyais la différence de niveau entre une hypokhâgne et une prépa HEC ou EC (écoles de commerce), et cela m'atterrait que l'on puisse se revendiquer de prépa, quand la CPGE ressemble à un BTS moyen un peu plus renforcé (sans aucune dévalorisation des BTS bien sur, ce qui est fait en BTS est très bien et s'adresse à un certain type d'étudiants, c'est très professionnalisant et permet un accès à l'emploi plutôt bon, mais plutôt en terme de comparaison de la difficulté des études - ce n'est pas parce qu'un BTS est plus facile qu'une CPGE qu'un BTS est nul, bien au contraire, il est nécessaire d'offrir différents niveaux de formation pour résoudre aux capacités mais aussi aux envies différentes de chacun).

Je n'étais pas au bout de mes surprises. Le Cours de Stratégie n'est autre que notre cours de Gestion des Organisations du 1er Semestre de 2ème année à Sciences Po, sous un angle que je trouve beaucoup plus individualiste. Où est donc la cohérence de l'échange et la coordination pédagogique??? (cherchez bien, si vous trouvez, faîtes le moi savoir)
Si c'est pour qu'on nous répète du déjà-vu à l'IEP, cet échange est inutile, autant rester dans nos amphis (en tout aussi mauvais état qu'ils puissent être. Le premier professeur pose des questions comme "l'entreprise doit-elle vraiment s'occuper de problématiques environnementales ou sociales? Cela ne pourrait-elle pas la desservir et lui faire perdre une part de sa productivité et de sa rentabilité, de répondre à une demande sociale?".
A ce moment-là, alors, je m'interroge sur le but de l'entreprise : faire des profits à son propre profit, ou en faire bénéficier la société (au sens de communauté des hommes)?
On retrouve là la théorie libérale : laissez donc faire la main invisible, les ressources se répartiront d'elles-mêmes, de façon naturelle. Quelle vaste blague! Le profit ne se répartit pas si celui qui en est bénéficiaire ne le partage point. Sous-entendre que la société est forcément bénéficiaire du profit individuel est une sottise. Surtout que si l'on ne se préoccupe pas d'environnement, l'environnement, lui, ne permettra plus de faire du profit un de ces jours.

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    A la pause, Oh stupeur! Après avoir beaucoup entendu parler "d'avantages concurrentiels" à maintenir (ahah niquer les autres firmes Miam! euh pardon, maintenir sa position concurrentielle), je découvre que Sciences Po dispose d'un incroyable avantage concurrentiel sur l'ESC (on est les meilleurs! ouais!... ah, pardon) : le café y est moins cher et bien meilleur, ainsi que les distributeurs de junk food (kit kat et autres) sont plus chers à l'ESC.

Ainsi, nous avons le Wifi pour moins cher et un meilleur café pour moins cher aussi (le café est à 40 centimes et plutôt bon par chez nous et à 50 cents et vraiment mauvais à l'ESC).
Ahah, et c'est eux qui vont nous apprendre les "avantages concurrentiels", ils n'en ont même pas par rapport à nous (à part les stages, peut être).




Ainsi, le cours fournit d'une part la preuve qu'aujourd'hui le système économique tourne pour lui-même, dans une bulle qui se veut détachée de conséquences sociales ou environnementales, qui veut oublier qu'elle n'est qu'une structure d'organisation de la société et des échanges. 
Des lieux communs capitalistes ou d'individualisme appliqué à toute organisation (donc quelque chose qui devrait être collectif) nous font office de cours. Au secours, sortez moi de là, je supporte de plus en plus mal ce cours.

Mercredi midi, enfin, nous passons à la "pratique de la négociation sociale" où nous devions aussi faire une mise en situation de conflit social (c'est ce qui avait été annoncé vaguement) mais n'en avons pas fait.
Là, le cours est professé par deux DRH, successivement. Aucun d'eux n'a une formation d'enseignement, n'a de pédagogie, ni de recul critique, d'analyse, de mise en perspective ou de question ouverte qui laisse place à plusieurs interprétations...
Non, ils nous livrent leur expérience personnelle et professionnelle comme grille d'analyse du monde du travail en France et schéma généralisable. Alors, bien sur, la transmission d'une expérience professionnelle est intéressante. Mais sachez, chers lecteurs, que ces profs (qui n'en sont pas, ce qui me gène et même m'irrite, je n'ai pas l'impression d'être en cours, pourtant la plaquette disait "cours à l'ESC") ont été, pour la première, DRH chez Job (plus gros conflit social toulousain des années 90, fermeture et suppression de 4000 emplois en 1994) et gestionnaire de la fin, et DRH chez Liebherr (leader européen des engins de travaux publics), gros conflit social au moment de la fermeture avec 3000 emplois à la clé et sont fiers de s'afficher en ce que notre vieil ami Ernest-Antoine Seillière (ex-baron du Medef, toujours baron, toujours patron mais responsable du patronat européen, la France ne lui suffisait plus, faut-il en déduire) qualifierait de "tueurs sociaux".
Ils sont fiers d'avoir "su gérer des situations de crise" [en gros d'avoir mis au chômage plusieurs milliers de personnes, dont une part pour un temps long, d'avoir provoqué quelques suicides ou crise de famille, aprticipé au chômage de la France].

Commençons dans l'ordre du menu. Notre première DRH affirme au début du cours que "la pratique de la négociation sociale est dévalorisée en France et la représentation du personnel souffre d'une trop mauvaise image". Jusqu'ici tout va bien, mais gare à l'atterrissage qui arrive très vite. En fait, dix minutes plus tard, elle nous explique comment elle faisait elle pour déjouer les syndicats (et encore, je n'utilise pas son langage, vulgaire). Le rôle du DRH était, selon l'introduction du "cours" (oui, je n'aurai de cesse de dénier la qualité de cours à ce que nous avons vu là), de faire lien entre les salariés, les représentants des salariés et la direction. Peu de temps après, le rôle du DRH est plutôt de "corriger le vocabulaire maladroit du PDG". En gros, pour un licenciement, on garde la même idée ("vous êtes des feignasses qui ne travaillez pas assez au prix qu'on vous payez alors on va faire trimer des gens qui ferment leur gueule, bossent plus et pour moins cher") présentée différemment, comme un opportunité pour le personnel sous le coup du plan (anti)social.

undefinedCi-dessus l'amphi triangulaire que nous avons quitté pour aller voir les DRH

J'oublie de préciser qu'avant son cours, la DRH avait un souci informatique (pc qui en démarre pas) que j'ai pu régler, et un problème électronique (qui pour le coup n'est pas dans mes capacités) : à chaque fois qu'elle branche son pc sur secteur, les enceintes de la salle ont toutes un bourdonnement dérangeant. J'y regarde de plus près, que vois-je? la prise est à nu! C'est un véritable danger.
Et après nous nous plaignons de nos problèmes de rétroprojecteur à Sciences Po!
Bref, dans ce cours, on apprend encore les techniques des syndicats pour obtenir satisfaction "mais heureusement, on [la direction de l'entreprise] les connaît"... Ah parce que pour vous négocier, c'est imposer au syndicat et aux employés? Je croyais que négocier était la recherche d'un accord efficient qui satisfasse le plus grand nombre, mais peut-être me trompe-je. Encore un mystère de l'ESC.

Le deuxième DRH est un roman à lui tout seul, une vraie caricature, un archétype incroyable. Il nous balance (c'est le terme qui convient), des lieux communs, des généralités, des banalités, des présupposés sur la grève, le syndicalisme...
Alors :
1. La France serait le pays le plus gréviste au monde. Faux, je le reprends sur ce point, il me demande mes sources, et les voilà : article de François Doutriaux enseignant en droit privé et consultant juridique indépendant, spécialisé en droit du travail et en droit pénal; rapport de l'Acrimed; article d'un chargé d'enseignement à Sciences Po Paris ... et encore, je ne vous fais pas une liste exhaustive et si l'on regarde les données de la DARES (organisme étatique qui mesure aussi la conflictualité au travail), ces chiffres ne semblent pas infirmés. Chiffres que je lui ai apporté l'après midi et qu'il essayait de nuancer par un balbutiant "oui, mais quels sont les secteurs? est-ce que le public est compté ou pas?" de façon malhabile.
La France serait donc quoi qu'il en dise, aujourd'hui 11ème pays au monde en terme de jours de grève par salarié et par an.
2. Un conflit social a plusieurs étapes (non, tiens, je ne pensais pas. C'est vrai?). La première étape est "la grogne" (avec un r un peu roulé et gras), "vous savez quand on râle, qu'on dénonce, qu'on en a marre, on ne sais pas trop pourquoi mais on râle [là encore en râle gras et accentué], ça va pas".
Je le reprends (en attendant qu'il m'ait accordé la parole bien entendu) : "grogne, selon le Larousse 2006 (ce sont des gauchistes qui ont écrit ça je parie) correspond au cri du cochon, à mettre en lien avec le groin, j'en déduis donc que vous rabaissez les grévistes au rang d'animaux. C'est extrêmement péjoratif pour décrire des employés qui dénoncent une situation problématique au sein de l'entreprise, et qui donc, ne font par là, que souhaiter le bon fonctionnement de l'entreprise."
Réponse de l'intéressé qui piaille à chacun de mes mots "Alors là, détrompez vous, ce n'est pas péjoratif dans ma bouche, en tous cas, je ne veux certainement pas les rabaisser comme vous dites. Mais pour la grogne, ce n'est pas péjoratif [mais prenez le Larousse nom d'une pipe! S'il continue, je vais à mon tour être vulgaire, mais je ne veux pas être aussi beauf que lui], trouvez-moi un autre mot et je changerai le transparent". Et bien pour moi cette étape c'est la dénonciation d'une situation problématique. Le mot qui convient est "mécontentement", je n'y ai malheureusement pas pensé sur le moment.
3. Les syndicalistes qu'il a rencontrés, lui, ont toujours été des gens très corrects et appréciables, mais ceux de chez Job auxquels a eu affaire sa collègue sont des "salopards" (sic).
Qu'est-ce à dire? Ainsi, lui n'a rencontré que des gens biens, mais les syndicalistes ailleurs sont des horribles "salopards" voir "ont un comportement de terroriste". Je crois ici que l'on peut remplacer "syndicalistes" par "juifs" ou "arabes", faîtes le test. C'est le raisonnement de base du racisme, du sexisme et de tant d'intolérances (dans intolérance, il y a rance) --> Tous des salauds sauf ceux que j'ai croisé. Toutes des salopes, sauf ma femme, etc...
4. "Les jours de grèves étaient tous payés dans l'éducation nationale jusqu'en 2003" (resic). Là encore, je le reprends, je ne peux laisser dire une chose pareille, fils, petit-fils et arrière petit-fils d'enseignants, petit-fils d'un responsable syndical de la défunte FEN (je n'aime pas trop exposer ma vie en ces pages, mais puisque j'ai exposé cela devant tous, en faisant un parallèle "vous semblez beaucoup parler de votre expérience personnelle, alors j'aimerai vous faire part de la mienne quant aux grèves dans l'Education nationale). Alors, je lui dis que les jours de grève n'ont jamais été payés dans l'éducation nationale, ou alors que le ministère est dans l'illégalité avec ma famille, ce que j'ai du mal à concevoir (la loi étant la même pour tous non?).
En fait, mon information est aussi imprécise, mais moins que la sienne.
La réalité est que, jusqu'en 2003, lors d'un conflit long dans l'Education Nationale, dès lors que le gouvernement ne veut pas faire du tout de concessions et que le conflit a quand même duré, sur un mois de grève, une semaine et demi ou deux semaines de salaire pouvaient (pouvaient, ce n'était donc pas une règle stricte appliquée automatiquement) quand même être versées pour éteindre la contestation et lâcher du mou à la plèbe vindicative, pour éviter de lâcher sur le projet source des tensions.
Mais, comme je le lui disais, cette annonce de "ne pas payer les jours de grève" était bien utile pour jeter l'opprobre sur la fonction publique et créer un différend entre salariés du privé et salariés du public, de fait provoquer l'avortement d'une solidarité public-privé dans cette lutte.
5. L'insulte est facile dans sa bouche, le mépris aussi, mais la réflexion l'est beaucoup moins. J'avais vraiment l'impression d'une supériorité intellectuelle par rapport à celui qui est censé me professer un cours. C'est très dur. A Sciences Po, nos profs sont souvent impressionnants de culture (Eymeri-Douzans par exemple est une vraie "bête" en sciences politiques, major de Sciences Po Paris) et l'on les écoute avec respect et admiration pour certains. Là, j'ai l'impression d'avoir un intervenant faible, un "beauf", un DRH de droite aux préjugés ayant la vie dure. Nous avons quand même des profs de droite à Sciences Po, même certains limite d'extrême droite, mais ils laissent toujours place à la réflexion et respirent le savoir. Même Henri Roussillon, président de l'Université de droit, et conservateur exécrable dans ses positions politiques, est cent fois plus agréables. Au moins, son point de vue est argumenté, appuyé, discutable, et discuté, approfondi, recherché, parfois pas toujours aussi fin mais tout de même.
Le DRH de droite, sans culture c'est quelque chose qui me rebute. Surtout quand il balance des slogans, sans argument. Vraiment.
De plus, il ne se rend même pas compte qu'il s'adressait à un parterre d'étudiants qui sont souvent plus syndiqués ou plus impliqués que la moyenne, et insultait donc une partie de ses interlocuteurs.
Quelle horreur.

Je me sentais dans son cours comme les rares fois où j'assiste à une messe. A chaque mot du curé (ici un DRH messianique qui défend la direction de l'entreprise et le profit, la rentabilité), en moi viennent naturellement la critique, le blâme surtout, mais l'idée contraire et le développement d'arguments contradictoires. Je ne peux même pas m'en empêcher, c'est machinal, un réflexe naturel, comme une "autodéfense intellectuelle".

       Ce séjour long et pénible, m'a permis de développer certaines idées. Il faut réformer l'enseignement économique en France. Les écoles de commerce sont toutes privées et chères, n'ayant alors aucun droit de regard de l'Etat sur les enseignements, le contenu des programmes...
Tout comme Sciences Po fut nationalisé en 1945 par le Conseil National de la Résistance, cette fois sous l'impulsion de Charles de Gaulle, instigateur aussi de la création de l'ENA, peut être faudrait-il songer à les nationaliser, ou du moins, à ce que l'Etat ait un droit de regard sur l'enseignement professé et les services aux étudiants en rapport au prix payé en termes de droit d'entrée à l'école.
J'ai aussi appris que les étudiants de l'ESC avaient 50h obligatoires "d'intérêt général" (travail dans une ONG, un centre d'action sociale, une MJC...) parce que "l'intérêt général, ils ne connaissent pas, ce n'est pas une notion très développée ici" dixit notre premier prof. J'évite de le citer car je ne veux pas faire d'attaque ad hominem. Ce que je blâme ici, c'est un système.
Mais quoi de mieux pour dégoûter de l'intérêt général que d'en faire une contrainte, limitée dans le temps? Rien, m'est avis. De fait, le reste du temps est consacré à leur égo propre, et au profit individuel, qui ne sert pas la société (enfin, si la société, mais définie en tant qu'entreprise, que groupe capitalistique).

Les ESC et leurs homologues ne sont donc qu'un outil de reproduction d'un système économique, mais surtout de certains schémas dans ce système économique.
C'est donc cela que l'on valorise tant, ce sont donc des étudiants de prépa EC pédants [mais sans même les moyens de leur prétention, une pseudo-élite aculturée, voilà donc la belle affaire... et bien, j'avoue, quitte à être élitiste, soyons le jusqu'au bout : que ceux qui prétendent être au dessus des autres le soi réellement, d'une certaine manière. Que ceux qui prétendent influer sur le monde aient au moins plus des clés de base de compréhension du monde] qui ont réussi